Une hirondelle de Châteauguay au Brésil

Kristen Lalla tient l’Hirondelle noire voyageuse. ( Photo gracieuseté Gay Gruner)

Une Hirondelle noire de Châteauguay a passé l’hiver au Brésil. Comment on le sait ? Grâce à une étudiante en biologie de l’Université McGill et à Héritage Saint-Bernard.

Kristen Lalla consacre sa maîtrise à l’étude de l’hirondelle connue comme la plus grosse en Amérique du Nord. Pourquoi cet oiseau ? « Parce que l’espèce est en déclin et on ne sait pas vraiment pourquoi, on ne connaît pas la cause exacte. J’aimerais aider à résoudre le problème », explique l’étudiante âgée de 24 ans, résidente de l’Île-Perrot.

L’oiseau muni d’un GPS

La population d’Hirondelles noires a chuté de 90 % au Québec depuis les années 1970, selon le Regroupement QuébecOiseaux.

L’île Saint-Bernard à Châteauguay fait partie des rares endroits dans la province où le passereau est présent. Et l’équipe d’Héritage Saint-Bernard qui gère le territoire s’active pour que la colonie prospère. « Depuis quelques années, une petite colonie d’Hirondelles noires a adopté un nichoir de type « gourde » à la pointe sud de l’île. Puisque cette colonie grandit, nous avons relocalisé deux autres nichoirs dans ce secteur et nous avons également acheté et installé un nouveau nichoir de type gourde qui peut accueillir douze portées supplémentaires, pour un total de 68 espaces de logements disponibles. Il y a donc maintenant 5 nichoirs dans ce secteur pour permettre à la colonie de s’agrandir. Les hirondelles ont déjà commencé à visiter les nouveaux nichoirs, ce qui augure bien pour la prochaine période de nidification en 2021! » détaille l’organisme.

Des nichoirs dans l’île Saint-Bernard. (Photo gracieuseté Dominic Gendron – Héritage Saint-Bernard)

Le périple

À l’été 2019, Kristen Lalla a fixé de petits GPS sur huit spécimens de l’île Saint-Bernard, question de connaître leurs allées et venues. Pour avoir l’information, il fallait recapturer une Hirondelle porteuse de l’appareil. Mission accomplie cet été !

L’étudiante a constaté que le poids plume avait passé l’hiver au Brésil près de la frontière de la Bolivie. « La distance entre Châteauguay et l’état de Mato Grosso au Brésil, où l’individu est allé, est environ 6000 km. C’est impressionnant pour un oiseau de 50g! » souligne-t-elle.

Au Brésil, l’oiseau rayonne à des dizaines de kilomètres du dortoir.

Le parcours de l’oiseau friand d’insectes avalés en vol l’a étonnée. « L’Hirondelle noire utilise l’eau moins qu’on pensait. Elle est passée dans des champs, des marais et même des zones urbaines. C’est un peu surprenant », affirme-t-elle.

La migration de l’oiseau s’étale sur plusieurs mois. « Après la saison de reproduction, les hirondelles noires (HINO) rejoignent des grands dortoirs d’hirondelles aux Grands Lacs et aux États-Unis pour quelques semaines avant de migrer en Amérique du Sud. Donc, le processus prend beaucoup de temps, même une couple de mois », explique Kristen. Les HINO, comme elle les nomme, peuvent tout de même parcourir des centaines de kilomètres par jour.

Comment arrivent-elles à boucler ces ultramarathons, à gérer leur énergie ? « Les oiseaux sont très légers car ils ont les os creux et les plumes sont aussi légères (faites de kératine). Pendant la migration, les oiseaux stockent du gras et ils réduisent la taille des organes non nécessaires pour la migration comme l’estomac », informe Kristen.

En « vacances » dans le Sud

Les Hirondelles noires sont en quelque sorte en vacances dans le Sud. Elles ne s’y reproduisent pas. Elles peuvent rayonner à 50 ou 75 km de leur dortoir quotidiennement, a constaté Kristen. « Pendant l’hiver en Amérique du Sud, les HINO sont libres de parcourir de grandes distances pour s’alimenter », observe-t-elle.

Soins des petits obligent, les Hirondelles noires parcourent de courtes distances à Châteauguay.

Dans l’île Saint-Bernard où elles fondent une famille, leurs déplacements sont beaucoup plus courts. Les Hirondelles ne peuvent pas aller chercher de la nourriture à 10 km pour satisfaire l’appétit de leur marmaille. « Les adultes ne font pas de grandes distances pendant la reproduction en raison de l’obligation de nourrir les jeunes. Ils font beaucoup de parcours d’un ou deux kilomètres. Donc, la composition de l’habitat proche du nid est très importante pour alimenter les jeunes. »

L’étudiante à la maîtrise précise qu’elle n’a pas terminé l’analyse des données du GPS. Et il y a encore des hirondelles noires en portant un dans la nature. Si quelqu’un trouve un de ces oiseaux avec une petite antenne, il peut contacter Kristen pour l’informer au kristen.lalla@mail.mcgill.ca .

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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